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Wallpaper by Mariestel
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Les fleurs de ses pas éclosaient à chacune de ses foulés. Ses empruntes dans le sable frais étaient régulières et légères.  Cet air iodé qui emplissait ses poumons la purgeait de toute pensée. Le bruit des vagues, ces merveilles des éléments, qui venaient, de temps à autre, lécher le bord de mer, au même rythme que son cœur, la berçait comme le balancier de sa mère durant son enfance. La pénombre autour d’elle, le calme apaisant de cette fin de soirée d’été, était un moment qu’elle souhaitait  savourer jusqu’au lever du jour.  Les feux d’artifices baignaient la côte de couleurs exotiques et d’étoiles d’or. Ces explosions grandioses et lointaines lui apparaissaient comme familières. Peut être lui évoquaient elles le pop corn dans le four que lui faisait griller son père tard le soir après ses terribles cauchemars pleins de monstres, de pleurs  et de solitude quelques années plus tôt ? Qu’en savait-elle au final ? Ce son, cela faisait 9 ans qu’elle ne l’avait plus entendu.  Brièvement une trainée de lumière vint traverser le ciel, comme venue d’un autre monde et disparut d’un coup, telle l’ombre d’une pensée vite oubliée. Un petit  rire cristallin se fit timidement entendre, plein de nostalgie et de tristesse. Une étoile filante. Elle serra un petit objet dans ses paumes, commença à murmurer son vœu le plus cher… s’interrompit puis résignée, se laissa lourdement tomber sur le sable. Non, jamais ce rêve, cet espoir impossible, ne se réaliserait. Les hommes en blanc avaient été très clairs. Son père ne rouvrirait jamais les yeux, ils en avaient la quasi certitude. «  Il y a moins d’une chance sur un million et demi  » disaient –ils, des fois, ironiquement. Quelques mots et elle avait senti son cœur fondre, se serrer, comme une de ces fusées au loin, ce vertige, cette boule au ventre , comme une boule de feu qui grimpe dans les airs, puis explose dans la poitrine de la jeune fille, ravageant son corps et son cœur, se dégradant en milliers d’étoiles filantes… et puis par le vide de la nuit. Ce trou noir dans sa poitrine avait aspiré l’espoir de cette jeune rose du matin innocente et joyeuse. C’était il y a neuf années…  Son père et elle étaient partis voir sa grand-mère pour les vacances… Un cerf traversa la route. C’était tout ce dont la jeune fille se souvenait. Elle s’était réveillée dans une pièce blanche. Tout d’abord floue, au bout de quelques battements de cils, elle put distinguer des fleurs. Des roses, plus exactement. La couleur de ces fleurs la laissa sans voix ; elles étaient bleues, et l’extrémité des pétales était… de la couleur de l’or juste fondu. Sa mère avait le don de la surprendre. C’était un cadeau unique et différent chaque jour. Elle avait toujours était originale et avait toujours su trouver les mots pour réconforter sa fille. Anaë, adorait les fleurs, d’où le prénom original de sa fille unique, Lei, qui est le nom de couronnes de fleurs sur l’île de Maui, dont elle était originaire. Lei posa ensuite son regard affaibli sur les différentes machines qui l’entourait et aux fils qui la reliait à elles. Elle se rendit compte qu’elle était dans une clinique ou dans une chambre d’hôpital. Seule. Elle prit soin de bien retirer tous les instruments médicaux attachés à sa peau, se leva difficilement et posa son regard sur un miroir. Elle y découvrit cette fille grande brune, les yeux bleu turquoise et la peau hâlée, les lèvres roses et pulpeuses qui la dévisageaient chaque jour de sa vie. Ce reflet qu’elle haïssait depuis ce maudit accident. Sauf que ce jour ci, elle se découvrit une écorchure sur la joue et plusieurs sur les bras. A ce moment là, les souvenirs qu’elle avait étaient très vagues et un mal de crâne la guettait… Elle entreprit de prendre une douche bien chaude. Après cela elle irait sûrement mieux, et ses idées également … Quelques heures plus tard, sa mère passa la voir. Lei vit immédiatement ses yeux rougis sa peau pâle et son regard agar. Après une étreinte désespérée, devant le regard incrédule de sa fille, Anaë l’emmena dans une autre chambre, dans un autre service de cette clinique, à ce qu’elle avait compris. Et c’est à ce moment là que la fleur commença à mourir. Son père était étendu sur le lit. Du sang coagulé dans les cheveux. Des tubes dans la bouche. Un respirateur. Des aiguilles sous la peau. Des poches pleines de liquide reliées au corps de ce petit papa… Morne, pâle, mou.Un bip régulier indiquait que la vie habitait toujours ce corps immobile. Elle avait compris. Dès le début. Lorsqu’elle reprit le contrôle de son corps elle se rendit compte qu’elle criait. Des perles salées dévalaient ses joues. Elle se tenait au dessus de lui. Puis ses genoux touchèrent terre. Elle prit la main inerte de celui qui l’avait élevée, puis perdit la notion du temps. Depuis cet événement, la belle Lei n’était qu’une plaie béante. Une bille de douleur. Un caillot de désespoir. Elle ferma ses yeux rougis, une nouvelle fois, s’allongea dans le sable froid par la nuit et regarda les astres.
Le lendemain matin une nouvelle journée morne commencera, comme toutes celles qu’elle vivait depuis 9 ans. Ah non, c’est vrai. Ce jour là, c’était son anniversaire. Elle s’extirpa de son lit, tituba jusqu’à la salle de bain, alluma le jet de la douche et de l’eau glacée lui coula sur le corps. Elle hurla, comme chaque matin, mais c’était le seul moyen de se réveiller. Du sable de la veille tombait en masse dans la douche italienne de sa jolie salle de bain, qui, à ce train là, deviendrait aussi sablonneuse que le désert du Sahara, se dit-elle. Après s’être séché ses long cheveux ébène, elle enfila en vitesse un polo bordeaux, son bracelet en pierre fétiche, un jean noir et des chaussures en toile courtes. Elle se mit un coup de crayon noir pour rehausser la couleur si inhabituelle de ses yeux et descendit dans le salon pour prendre son petit déjeuner. Sur la table, un petit mot sur du papier bleu disait « Bon anniversaire mon trésor. Regardes à ta droite. A ce soir, nous fêterons cela dignement. Je t’aime. Ta maman ». Un petit mot touchant de sa mère partie travailler tôt, comme chaque jour. OH ! Quelle belle surprise ; à sa droite en effet, se tenait fièrement un magnifique panier de bois tressé rempli de ses muffins préférés, à la mure… et teintés de bleu, la couleur préférée de la jeune femme. Cela allait être délicieux ! Elle adorait les petites attentions de sa mère. Il était maintenant 7 heures et demi, et elle allait être en retard à la fac. Elle attrapa son sac léger, pour une fois, sa guitare fétiche et pris le volant se sa petite voiture.  Après une heure et demi de route… enfin surtout d’embouteillages, elle arrivait  devant son établissement. Pas le temps de s’arrêter sur la bâtisse, ses amis se ruaient déjà sur la belle pour l’étreindre et lui souhaiter un bon anniversaire. Les larmes de joie coulaient sur son visage et un fou rire lui prit lorsqu’elle vit les t-shirts qu’arboraient fièrement ses amis : une photo de Lei avec un corps de schtroumphette  tout sourire avec noté en rouge « La bonbonnette de la mort », c’était son surnom que ses amis lui avaient donné après son stage dans une fabrique de bonbons. A ce moment précis, Lei était hilare et heureuse, le cœur chaud et léger. La journée passait… les matières s’enfilèrent, et Lei eut l’occasion d’entendre « joyeux anniversaire » en plus de cinq langues ! Oui, ce n’est rien, mais pour une fois, elle souriait. Lei se tenait parmi les gens qu’elle adorait le plus au monde. A une exception près. Peu importe, les cours étaient finis, la forêt près de la fac ouvrait grand ses branches à une bande de jeunes adultes insouciants et avides de bons moments. Il faisait soleil et des raies de lumière filtraient au travers des feuilles de cette « mini canopée », donnant un aspect céleste au paysage. Il faisait bon, et la petite bande pris place sur le sol, jonché d’une couverture de lierre. C’était  si confortable ! Et les cinq amis passèrent leur temps à rire, à chanter, à danser, se raconter des blagues plus drôles que les précédentes, parler, écouter les belles musiques que jouaient Lei avec sa guitare et tout simplement profiter de l’instant. Puis Lei se remit en route. Cette fois ci, en direction de la clinique. Elle hésita à pénétrer la porte de la chambre de son père. C’était de plus en plus dur. De plus en plus impossible. Elle se ressaisit. « Ne pas craquer. Ne pas craquer…». La jolie jeune fille entra, posa un beau bouquet de fleurs multicolores. Elle se concentrait fermement sur le bouquet et redoutait de hausser la tête. Les pétales semblaient former une tache colorée sur son champ de vision. Cela lui évoquait les sortes de farines colorées ou pigments exotiques que l’on voit sur ces photos étrangères où tous les gens sont pleins de couleurs sur leurs corps et où il règne une joie de vivre qui se ressent dès le premier regard. Du rose rouge violet vert jaune… Un feu d’artifice humain. Magique. Lei était paralysée, la main sur la poignée de la porte blanche. Les bruits de pas d’une infirmière la sortirent de sa torpeur. Elle entra brusquement, posa le bouquet de souvenirs et sur la table et s’assit à côté du corps inerte de son père. « Bonjour papa. Aujourd’hui c’est mon anniversaire. Jai 19 ans. Maman m’a fait des muffins bleus. Ceux que toi et moi on adore. Tu sais, à la mûre. Non tu sais plus t’as rien avalé depuis plus de dix ans. Par ma faute. On n’aurait pas dû prendre ma route … Papa je suis désolée, je t’aime tant… » Tant pis, elle pleurerait. Un sanglot traversa tout son corps et elle renoua avec ses pires amies : les larmes. « Toujours là quand il ne faut pas! ».

Les bruits des machines lui firent ouvrir les yeux. Venait-elle de dormir ? Elle empoigna sa guitare et se mit à jouer un morceau. Le premier morceau qu’elle avait appris, juste pour ses parents, pour leur anniversaire de mariage il y avait de cela quelques années. Une main vint se poser sur son épaule et lui murmurer à l’oreille « Bon anniversaire mon trésor ». Merci Maman. Il était l’heure de partir. Elle s’en alla le cœur gros. Elles prirent la direction du centre ville à deux voitures. Sa mère se stoppa devant un restaurant coté de la ville. Toutes les lumières étaient éteintes. Etait-ce fermé ? Ou étais-ce encore un coup de sa mère ?  Et en effet, elle la connaissait bien, elle s’attendait presque au grand « SURPRISE !!!!!!!! » de tous ses amis… Mais absolument pas de les voir habillés comme pour une grande occasion, ni aux décors bleus flamboyants de la salle de restauration, ni aux immenses baies vitrées/aquariums avec des poissons plus qu’exotiques dedans, ni, non plus, aux jets de flammes bleues de chaque côtés de l’allée centrale avec en son centre, un bar immense et d’une fontaine de verres de champagne illuminée de toutes parts. La salle était immense, les tables étaient rondes et blanches polies, un peu  comme les tables des grands designers qu’elle admirait tant. Les banquettes  blanches  étaient disposées en demi-cercles autour des tables, donnant un aspect cosy et chic à la pièce.  Le sol était… renversant ! C’étaient des plaques de verre entre lesquelles de l’eau  pailletée d’or dansait avec des poissons néons bleus nageant paisiblement à l’intérieur ! Et boum ! Quelqu’un avait ouvert le champagne ! On le versa dans la fontaine… Il était couleur d’or, on aurait dit de l’or liquide à l’intérieur, et en même temps des petits jets de feux d’artifices miniatures s’échappaient du bar, et des milliers de petits éclats de feu brillants coulaient le long du bar simultanément qu’une fumée bleue et or, jusqu’à toucher le sol et ramper jusqu’aux chevilles de la petite Lei éblouie. Tous ses amis se ruèrent sur la reine de la soirée, qui se sentait un peu ridicule en jean et Tee-shirt, il fallait le reconnaitre. Mais, on avait tout prévu et un serveur vint lui apporter un énorme paquet et lui indiqua du doigt une petite pièce pleine de miroirs, un peu reculée. Elle s’y engouffra et ouvrit le cadeau. Une robe noire et dentelle d’or, bustier  lui arrivant un peu plus bas que les genoux se tenait pliée dans un papier de soie. Elle la mit en vitesse. Eblouissante. Des escarpins noirs brillants venaient avec, plus une parure d’or et des boucles d’oreilles de diamant, ayant appartenues à sa grand-mère. Une merveille. Elle releva ses cheveux en un chignon habillé et sortit de la petite salle sous le regard époustouflé de tous les convives. Un sourire malicieux en coin, elle se mit à courir vers ses amis et sa famille et se jeta dans leurs bras telle une tempête des îles. La soirée était merveilleuse. Les sourires constants et pleins de joie. C’était ça, le bonheur. Les gens qu’elle aimait, tous heureux et réunis. Fantastique. Les amuses-bouches défilaient les un après les autres, puis un gros gâteau au chocolat fit son apparition dans le restaurant… avec un tout petit serveur le portant à bout de bras ! Les cadeaux s’enchainaient et la soirée se déroulait à merveille. La fête continuait puis se finit dans les rires et les bâillements .Lei, épuisée, s’était endormie sur un canapé blanc dans une petite pièce, juste avant que sa mère ne prenne un appel téléphonique dont la source lui était inconnue. Elle lui avait parue légèrement anxieuse, avant de lui faire un grand sourire.
Un soleil flou régnait dans la chambre. La journée paraissait belle mais fraîche. Les yeux encore embués, La jeune Lei distinguait les formes de sa chambre baignées dans la lumière du jour. La soirée de la veille était sublime, cependant, la journée s’annonçait chargée. Comme chaque matin, la jeune fille s’habille, déjeune, et cours à son arrêt de bus, car avec la soirée de la veille, sa voiture était restée sur le parking du restaurant. Lei courrait à en perdre haleine en coupant par les champs de pavot, pour profiter des bourgeons et des fleurs multicolores qui faisaient la beauté des printemps de son enfance. Les écouteurs dans les oreilles pendant le trajet, le regard fixé sur les lignes de l’horizon, des  formes dansant en rythme dans sa tête, une synesthésie incontrôlable qui la rendait bien plus qu’unique. Le front plissé, Lei réfléchissait. Encore et encore. Toujours. La journée d’études, de plus en plus de raisons de  perdre espoir dans ce vide émotionnel qui se creusait dans la poitrine de la jeune fille. Il faisait froid. Le soleil était caché par une fumée blanche, un voilage oriental rendant cette matinée particulière, des nuances de couleur rares mais merveilleuses.  Les heures défilaient, perdue dans ses pensées la jeune femme épuisée vaquait à ses rêveries. Puis on coup de téléphone vint rompre la monotonie de cette journée. Ses obligations d’élève ne lui permettant pas de répondre instantanément, l’appelant dut laisser un message. C’était Anaë, qui avait quitté son travail pour rejoindre sa grande sœur et marraine, ayant eu un grave accident dans des circonstances non spécifiées lors de l’appel, dans une section de la clinique où elle avait été admise la veille.  Son état nécessitait énormément de soins et le temps jouait contre elle. Lei fut prise d’une certaine angoisse, craignant que cette amie, cette sœur avec qui sa mère et elles avaient passé leur vie, Rika, ne subisse le même sort que son père. Elle s’imaginait, vaquant de chambre à chambre dans cette clinique qu’elle connaissait déjà par cœur, voir le poids de l’au-delà,  sur leurs torses faiblissant, faisant subir un nouveau drame, un nouveau fardeau pesant sur cette famille. Rika était la demi-sœur de sa mère, une sœur pour ses deux parents. Elle était ce qui leur permettait de tenir l’absence de son mari et de son père. Elle était la Rationalité dans l’asile.  Elle irait prendre de ses nouvelles le soir même.
La belle Hawaïenne franchit le sas de la clinique. Inhabituellement et inopinément calme et détendue, ce qui la troubla un instant. La mère de la belle était assise dans un coin, la tête entre les mains, les restes d’une demi-douzaine de cafés posés à ses pieds. Plus Lei s’avançait vers elle, plus un sentiment de malaise s’encrait en son moi profond. Jusqu’à ce qu’elle remarque que sa mère était secouée de sanglots. Une infirmière ou ce qui semblait être une personne du personnel soignant l’intercepta avant qu’elle n’arrive au niveau de sa mère, qui leva la tête et  se précipita vers sa fille. Mais la femme en blanc avait été plus rapide et l’entraînait dans une salle annexe.
La stupeur se lisait sur son visage. Après que le choc soit passé, Lei se rendit compte que l’infirmière la tenait par les épaules, la regardant droit dans les yeux. Le silence était pesant. Ces quelques millièmes de secondes lui paraissaient une éternité. Une femme d’âge moyen aux cheveux ternes, les yeux fatigués, le nez et les yeux rougis par le manque de sommeil, une blouse jaunie autour du cou à cause de son fond de teint cachant le teint blafard qu’elle aurait eu au naturel. Cette femme était usée par le travail et son regard dur laissait transparaître l’usure de l’attente d’une vie meilleure. Le temps se remit à filer et la bouche de l’inconnue se déforma et émit un son. Son qui devint phrase. Mais cette phrase n’avait aucun sens. Aucun. Puis une autre se précipita dans la bouche de l’infirmière. Non elle avait mal compris. C’était impossible. Il devait y avoir une erreur. Il y avait toujours une erreur. Les jambes de la petite brune s’affaissaient de plus en plus. Ces phrases résonnaient dans sa tête, encore et encore. « Il y a un manque de place dans les hôpitaux et cliniques de la région. »  «  Vous devez prendre une décision pour sauver une vie. » « Votre mère est inapte à ce jugement » « Débranchez votre père et votre tante bénéficiera de la salle de soin qu’il occupe depuis ces années et aura un espoir de survie. » « Il est impossible de les déplacer ailleurs. » « Votre réponse doit être donnée avant la fin de cette heure, mademoiselle. »
Les mots s’emmêlaient dans sa tête. Ils flottaient ensemble, perdant leur forme, leur couleur, leur ton respectif. Un brouhaha fondu résonnait, s’estompait et se perdait dans l’esprit désemparé de Lei. En état de choc, elle s’assit sur le sol. La tête entre les mains. Elle sentit très peu la main se posant sur son épaule, et ne vit pas la porte de la salle obscure s’ouvrir et se fermer. Elle resta ainsi quelques minutes. Ou bien des heures. Le tic tac d’un réveil se faisait de plus en plus lent. Le temps était lent. Tellement lent. Elle entendait parler derrière elle. Les voix étaient de plus en plus nettes, de plus en plus lentes. Sa mère. Au téléphone. Le choix de garder ou de retirer son mari de ses appareils de survie lui avait été enlevé, à cause de l’identité et du lien de la personne censée prendre la place du père de Lei dans ce lit d’hôpital: Rika. Anaé était sa marraine, sa demi-soeur. Et avait signé dès son entrée pour prendre les décisions qui étaient relatives à ses soins, l’absence d’un autre membre de la  famille proche de Rika lui donnait donc ce droit. Mais elle ne pouvait prendre un choix relatif à deux personnes à la fois. Le second plus proche parent majeur du patient doit alors décider à la place du premier. En l’occurrence, Lei.
Comment gérer la vie de deux personnes ? Hors de question qu’elle abandonne son père. Jamais elle ne le ferait. Pour n’importe qui. A n’importe quel prix. Elle ne laisserait pas sa mère décider. Elle prendrait la mauvaise décision. Le tic tac du réveil ralentissait encore. Les battements de son cœur également. Son sang pulsait sur ses joues, dans ses oreilles, sur ses tempes, la chaleur envahissait en corps, tout comme un sentiment de honte de désespoir et de culpabilité. Une boule au ventre la saisit lorsqu’elle réalisa qu’elle perdrait un être cher à son cœur avant la fin de la nuit. Un sanglot la secoua. Puis la rage l’emporta. La Haine à l’état brut. Plus pure et plus destructrice que jamais. Le feu dans sa poitrine s’accentua pour envahir tout son corps. Sa vision s’assombrit, les mains se crispèrent, ses  jointures devinrent blanches, puis bleues. Les mâchoires serrées, la tête basse, elle aspirait la peur. Le dégout l’envahit. Le dégout de cette vie qu’elle avait pourtant idéalisée il n’y a pas si longtemps. Il n’y avait plus de foi en le futur. Plus de foi en rien. Seulement la mort. Elle la côtoyait de si près. La touchant du doigt. La laissant pourtant si perplexe et éloignée de la vérité. Que deviendrait la vérité de Lei ? Si ses propres bases mentales partaient en cendres ? Si ses principes brulaient en même temps que ce feu interne qui la foudroyait ? Qui la faisait souffrir tout en la soulageant de tous les poids du monde ? Serait-elle une personne différente ? Serait-elle encore une personne ? Ou seulement un être humain ? Comment faire face à ça ? Elle savait qu’elle engendrerait le mal la haine la douleur dans n’importe quel choix. Il fallait trouver un moyen de contrer les séquelles qu’elle aurait avec ce poids sur la conscience, peu importe son choix. Prendre une vie. Et peut-être n’en sauver aucune. Rika avait plus de chances de survie certes, mais il ne s’agissait pas d’une certitude. Tout comme son père pouvait mourir en même temps que sa tante. Quel choix. Choisir. Elle n’a jamais été bonne pour ça. Nulle part. La panique l’envahissait toujours de plus en plus. Les répercutions sont inaltérables. Il y a toujours un contrebalancement lors d’un choix. Rien n’est jamais blanc ou noir. Le blanc et le noir tendent toujours vers le gris. Tout revient toujours à la normale. Mais y a-t-il un « normal » quand on a pris une vie ? Y a-t-il toujours notion de pardon si on ne peut se pardonner à soi –même ? Quel est l’enjeu mental d’un choix pareil ? Lei perdait pieds. Le néant la gagnait de plus en plus. Il gagnait son esprit à vitesse folle. Rien de plus rapide. Le temps s’emblait s’accélérer dans sa lenteur relative, le temps filait entre ses doigts, la matière pourtant immobile traversait le temps à vitesse folle. Une seconde était une éternité passant à toute allure. L’infiniment petit du temps était un infiniment grand dans la réflexion de la jeune femme. Il ne s’agit pas que d’une vie. Il s’agit de moments, de souvenirs, de sentiments, d’attachement physique…
La vie d’un être cher n’a pas de prix. Et le choix entre les deux, est une torture. Comme déterminer qui a le droit de vivre ? Est-ce un droit, d’ailleurs ? Dans son cas, c’était de l’abandon. Impossible d’abandonner les personnes les plus importantes de sa vie. Ils lui demandaient de laisser son père mourir de faim et de soif, ou de laisser sa tante succomber à d’atroces et douloureuses blessures. Il s’agit de son père. Lui qui lui avait appris à compter, à parler, lui qui lui avait appris à admirer. C’était lui qui lui avait offert, bien des années plus tôt, son premier doudou, de couleur bleue, pour sécher ses larmes en son absence. C’était lui qui lui avait donné le gout de l’air pur. Le goût du sable sous ses pas, du vent qui fouette son corps, qui lui a appris à écarter les bras  et se pencher en arrière lorsqu’une bourrasque venait s’engouffrer sous ses vêtements, lui donnant l’impression de voler. C’était ce père qui lui avait dit non. Qui l’avait fait connaître la frustration, les interdictions. C’était cet homme qui la punissait lorsqu’elle avait fais des bêtises, alors qu’elle ne savait presque pas encore écrire. Il venait la réconforter, après les réveils de la petite fille en pleurs, ayant rêvé que ses parents, toute sa vie, l’abandonnaient en bas d’une colline. Cet homme là avait séché ses peurs, avait changé ses larmes en armes, et là, son cauchemar d’enfant est devenu réalité. Il l’avait abandonnée cette fois. Pourtant il lui avait promis. Promis que jamais il ne pourrait la laisser, entre deux étreintes, et il continuait sa lecture : voix rauque, pourtant pleine d’amour, des comtes pour enfants que nous avons tous entendus une fois dans notre vie. Lei pensait que sa vie serait un épisode Disney. Quelques épreuves par-ci par-là, mais toujours une fin heureuse. La fin de son père n’avait rien d’heureuse. Une honte une déception, ce n’était pas ce qu’elle espérait pour lui. Son lien avec cet homme, c’était le lien du sang, le lien du cœur, le lien des larmes, le lien de l’amitié, de la confiance, de l’intelligence, de la vie. L’immense culture de la jeune fille était due à ses parents passionnés, éveillés, curieux et aimants. Que rêver de mieux comme début de vie ? Des bases que tous rêveraient d’avoir. Et de quoi elle se plaignait ? Certains n’avaient plus rien. Certains en étaient arrivés à un point de non retour. Son cas, comparé à tous ceux qui auraient mérité plus de compassions de sa propre situation, était minime. Mais elle ne pourrait pas gérer cela aussi bien. Sa mère lui répétait qu’il n’y avait que la façon dont on ressentait une épreuve qui définissait sa gravité. Ce n’était pas faux. Les qu’en dira-t-on n’étaient pas importants à ses yeux. Pourtant Lei avait cette impression que tout comptait plus qu’avant. Qu’aucunes règles ne s’appliquaient à son cœur. Elle vint à se douter de sa propre existence. De l’existence de son cœur. De son pouvoir, si ce n’est que de vie. Un organe. Vivant. Comme tous. Et qui un jour viendrait à mourir. Lei se vit comme une boule. Une boule de viscères. Une boule de vivant. Un vivant qui souffre. Un vivant qui se tortille pour échapper à sa vie et à sa mort. Où était Lei dans ce fouillis ? Où était la jeune fille à la guitare ? Où était la jeune fille des îles aux yeux de turquoise ? Qu’est ce qui l’avait transformée à ce point ? Un souvenir ? Un espoir ? Une douleur ? Un ange passant par là, qui s’était dit que sa vie avait besoin d’un peu de changement ? Une bêtise juste passée au dessus de sa tête ! Un orage qui grondait. Qui se rapprochait de plus en plus de son cœur. Le lui prendrait-elle pour le déposer dans un autre monde ? Le lui volerait-elle pour le cacher, pour le détruire, pour le renforcer, pour le soigner ? Cet orage qui arrivait, c’étaient ses larmes, ses peurs, sa colère, la perte, le désarroi le dédain la haine la tristesse, le deuil. Deux personnes étaient encore en vie. Mais Lei s’était déjà perdue. Elle était déjà loin dans ses pensées. Ses souvenirs. Son père, avec qui elle partageait tout. Les nuits qu’elle passait à lui raconter ses premières journées à l’école, ses peurs qu’elle lui confiait et qu’il avait toujours su calmer. La fille était la plaie. Le père était le remède. Rien ne pouvait changer cela. Un tout. Un tout que Lei ne pouvait perdre. Elle s’y raccrochait. Plus de dix ans sans entendre cette voix. Mais elle ne pouvait pas renoncer ! pas maintenant ! Avez-vous déjà aimé quelqu’un pour qui vous pourriez tout donner ? Que vous préféreriez perdre plutôt que faire souffrir ? Ce père absent dans un cœur, remplaçait les souvenirs de rires en souvenirs de pleurs. « Papa ne me laisse pas,  ne pars pas ». Lei se revoyait répéter cela tel un psaume, alitée près de son héro, dix ans plus tôt. Les centaines de gens qui passaient dans cette chambre, et elle, seule. ELLE. Elle. Tenant une main, et seule à savoir à qui appartenait ce bout de chair. Un patient, non. Un homme, non. Un héro, oui. Un modèle, une chance, une vie. Un lion enragé qui souhaitait vivre en protégeant les siens. Mais qui allait se faire trahir par son propre enfant. Son propre sang. Celle qu’il avait élevé. Aimé. Que se passerait-il une fois débranché ? Que ferait Lei ? Comment se sentirait-elle ? Se supporterait-elle encore pour se regarder dans un miroir ? Pour supporter l’air qui entrerait dans ses poumons ?  
Elle sortit de sa torpeur grâce aux les coups de poings, tambourinés sur la porte. Sa mère désespérée hurlait son nom. Lei se leva, ouvrit la porte de la petite salle écarta sa mère d’un geste sec. Elle s’accrocha à sa fille avec la volonté du désespoir, qui la décrocha de son bras immédiatement. Lei se dirigeait d’un pas assuré vers la chambre de son père. La tête baissée, les yeux relevés, une guerrière. Un regard froid et déterminé se lisait sur son visage. Une infirmière attrapa sa mère. Elle n’allait pas faire le bon choix. Ni le bon. Elle avait fait un choix. Les larmes sur ses joues avaient laissé des traces blanches de sel. Mais enfin. Enfin, Elle allait se débarrasser de cet espoir qui la tuait à petit feu. Elle finirait tout ça, elle allait cesser de souffrir. Elle souffrirait mais une bonne fois pour toute. Sa douleur ne durerait pas, ne la rongerait pas de l’intérieur comme chaque instant de sa vie. Et Lei entamerait une nouvelle vie. La jeune femme entra dans la chambre de son père et ferma la porte à clef. Ses muscles, elle les contrôlaient à volonté. Elle ne se sentait pas évoluer dans son propre environnement. En un pas agile elle fut accroupie devant le corps de son père. Quelques sons aigus marquaient encore le son de la vie en lui. Un papier trônait sur la commode de la chambre. Elle n’avait vu que ce bout de cellulose dès son entrée. Toujours accroupie, elle l’observait. Un bourreau à côté de sa guillotine. Répugnant. Mais inévitable. Elle signa de bout de papier imprimé. Décevant. Ecœurant. Horrifiant. Dégoutant.  Ces émotions ruisselaient sur ses joues, rivière, torrent ou fleuve, qu’importent les métaphores. Elle était seule. Elle le serait toujours. Elle remarqua un poussoir. Un bouton, unique, ayant été mis à sa disposition.
Pour tout stopper. Pour stopper le rêve de son père. Pour arrêter ce sommeil si paisible. Dernier Adieu. Elle accrocha son bracelet de turquenite au poignet de son père. L’étreignit une dernière fois lui parla encore une fois. Sa mère força la porte. Elle Hurla de toute son âme. Lei, Rongée par la culpabilité… Secouée de sanglots, les mains tremblantes, poussa le bouton fatal.

La main de son père se posa sur le bras de sa fille, accompagné d’une grande inspiration.


Fin.
Te souviens tu du Bleu
Petite nouvelle assez simple que j'ai écrire pour le prix Nougaro, on va maintenant attendre les résultats !
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Marie
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Welcome to my profile! I began Deviantart as a little girl wanting to know what people thought of his art. Now I'm a young woman who always wants more and wants to improve in her passions and thrive in life. I want to become a full-fledged artist and when you look at my gallery, you say "wow this is beautiful, I would do the same." I give myself fully into everything I do, and I hope my efforts pay :) for your viewing pleasure :)

J'ai commencé Deviantart comme une jeune fille voulant savoir ce que les gens pensait de son art. Maintenant je suis une jeune fille qui en veut toujours plus et qui veut s'améliorer dans ses passions et s'épanouir dans la vie . Je veux devenir une artiste à part entière et que quand vous regardiez ma gallerie, vous vous disiez "wow c'est magnifique, j'aimerais faire pareil " . Je me donne à fond dans tout ce que je fais, et j'espère que mes efforts payent :) pour votre plus grand plaisir visuel
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DragonflyAndromeda Featured By Owner Jan 1, 2015   Photographer

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AliRawi Featured By Owner Dec 30, 2014
Thanks for the fav :)
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BigA-nt Featured By Owner Dec 30, 2014  Hobbyist Digital Artist
thanks for the fav! Appreciated. Have a nice New Year! :D :iconbananadanceplz: :D
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RogerGraphics Featured By Owner Dec 29, 2014
Thank you for the Watch *-* :D
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myekeh Featured By Owner Dec 29, 2014  Student Photographer
Thanks for the Added to my devWatch! !!  Happy New Year!!!

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